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4 juin 2025 | Lawrence.Rollier |
Intimes et intenses rencontres que ces deux performances hip-hop qui interrogent l’influence de l’autre sur soi.
De la première à la dernière seconde d’Echos Infinis, Benoît Callens et Alicia Cano réalisent la prouesse de rester continuellement en contact, pris·es dans les rouages de corps en perpétuel mouvement.
Portée par l’univers sonore d’Abraham Diallo, Linda Hayford livre un premier solo introspectif intitulé Shapeshifting. Entre popping – cette danse qui désarticule les corps – et métamorphoses animales, son corps déploie des figures chimériques et invite le public à ressentir ses états intérieurs.
Le solo Shapeshifting remplace le duo initialement annoncé AlShe/Me.
Frantz est un modeste employé de bureau, affecté au dossier 658. Un jeune homme mélancolique, à la vie monotone et bien réglée. Un 28 octobre, un lundi comme un autre, son destin va basculer… Dans ce spectacle qui stimule yeux et oreilles, un comédien mime notre antihéros, les autres créent en direct tout l’univers sonore de son aventure. C’est tout un monde que la compagnie BPM, experte du mouvement, fait naître en manipulant un simple attirail de bricoleurs. Face au deuil qui le propulse – littéralement ! – dans une autre dimension, Frantz va apprendre à reformuler sa vie. La routine se détraque, le réel et l’imaginaire sont sens dessus dessous, et les gags surgissent pour provoquer le rire et la poésie.
Il a toujours été là, soigneusement tapi dans les mentalités, prêt à bondir pour finalement être très difficile à contrer : le racisme. Dans Blind spot, trois femmes conjuguent talents, cultures, musiques et humour pour décortiquer ce mal qui s’est emparé de notre espèce. Elles nous présentent les mécanismes et dynamiques qui le composent, depuis les mythes « pro esclavagistes » du XVe siècle jusqu’aux contenus diffusés sur TikTok. En discriminations ou privilèges – conscients ou non – le racisme a un impact sur nos vies. Nous aurions toutes et tous du racisme en nous, nous disent ces trois femmes-là. Et les possibilités de s’en défaire sont, elles, bien réelles.
Une discussion avec l’équipe artistique aura lieu à l’issue de la représentation.
Sangle aérienne, trapèze, roue Cyr, jonglage et sauts périlleux : 10 artistes d’Afrique du Sud se lâchent dans un élan libératoire, acrobatique et coloré. Moya porte haut les jeux de jambes de deux danses pleines de vie et d’espoir, contestataires de l’apartheid : le gumboot, hérité des esclaves qui tapaient sur leurs bottes en caoutchouc dans les mines, et la pantsula, sorte de house dance née dans les ghettos noirs de Johannesbourg. En tournée mondiale, la compagnie Zip Zap remet donc les bottes et virevolte, avec une énergie folle, entre cirque contemporain et métissage sud-africain.
1830. Besançon. Julien Sorel est jugé pour avoir tenté de tuer son ancienne amante. La sentence sera maximale. Plus que ce meurtre raté, c’est l’ascension sociale de ce fils de charpentier qui est dans le collimateur de la cour bourgeoise. Il a osé s’affranchir de ses origines modestes. Tout était pourtant bien parti. La jeunesse, l’intelligence et la volonté d’être aimé : le brillant jeune homme est parvenu à se hisser en haut de la société par son savoir et ses liaisons avec Madame de Rênal et Mathilde de la Mole. C’est au moment d’être anobli qu’il est rattrapé par sa nature ambitieuse… La metteuse en scène Catherine Marnas propose une adaptation condensée et actuelle du grand roman de Stendhal. Quelles pensées habitent Julien Sorel, qui à l’instar de l’écrivain et transfuge de classe Édouard Louis, est pétri d’un puissant sentiment de rage et d’injustice sociale.
Une introduction au spectacle par l’équipe artistique aura lieu à 19h15.
De mai à juillet 2019 se tient le procès France Télécom-Orange. Sept dirigeants sont accusés d’avoir organisé la maltraitance de leurs salarié·es pour les pousser au départ. Parfois jusqu’à la dépression et au suicide… À partir des audiences de ce procès historique, de scènes vécues par les victimes et d’improvisations, Thibault Sartori signe un spectacle qui interroge la violence du monde du travail. Sur scène, un groupe de 5 comédien·nes propose une transposition de ces histoires douloureuses, tout autant qu’il met à jour les mécanismes qui, au nom du libéralisme triomphant, brisent des vies, des esprits et des corps. Des gens au travail nous met aussi face à un constat : nous nous serions trop habitué·es et résigné·es à ce système dominant. Réentendre les mots et revoir les situations, dans leur violence insidieuse et inouïe, offrira peut-être à nos consciences un réveil salutaire.
Une discussion aura lieu après la première représentation.
Le festival Textes sans frontières, c’est quoi ? Des textes d’auteur·rices contemporain·es d’une région du globe, des artistes de théâtre réuni·es pour l’occasion, dans plusieurs lieux de spectacle de la Grande Région. Pour cette nouvelle édition dédiée aux écritures en temps de guerre, les territoires concernés sont l’Ukraine, la Russie et la Syrie. Comment, pour qui écrit-on lorsqu’on a dû fuir son pays pour éviter la prison, la torture, la censure ou la mort ?
Plus que de simples lectures, les textes sont joués sous une forme scénique légère. L’enjeu est de faire vibrer ces fragments de vies, pour ensuite se retrouver ensemble, publics et artistes, autour d’un brunch.
11h – Ma mère et l’invasion à grande échelle de Sasha Denisova – Ukraine
12h – Le mur ou l’éternité d’un massacre de Hatem Hadawy – Syrie
Pause Brunch et échange avec l’auteur Hatem Hadawy et la traductrice Racha Abazied-Sabouret
14h30 – Vania est vivant de Natalia Lizorkina – Russie
15h30 – Attaque animale de Youlia Toupikina – Russie
Le héros sans foi ni loi, l’élégance baroque des décors et l’humour dévastateur : la créatrice des Deschiens dans les années 90, Macha Makeïeff, adapte le classique de Molière dans une version qui surprend, amuse, joue du premier et du second degrés. Ce Dom Juan-là a perdu de sa superbe. Au bout du rouleau, le cheveu long et un peu gras, le corps mou, il traîne en robe de chambre cloitré dans son appartement, rattrapé par la vengeance de toutes les femmes qu’il a bafouées. La mise en scène nous plonge avec délice dans l’atmosphère libertine du XVIIIe siècle et des Liaisons dangereuses, tout en prenant la mesure de ce qui s’est inversé, ces dernières années, quant aux personnages de séducteurs. Dom Juan est-il ce somptueux charmeur qui remplace la morale par le désir ? Ou plutôt un prédateur en fin de règne, dépassé et vacillant, en face duquel les « non » retentissent ?
Une rencontre avec Macha Makeïeff aura lieu à l’issue de la représentation.
Figure majeure de la danse contemporaine, Po-Cheng Tsai s’imprègne des mouvements traditionnels asiatiques et des arts martiaux qui ont fait son succès un peu partout dans le monde. Communions, suspensions, frémissements et cassures : CRACK plonge 13 danseur·euses extraordinaires de virtuosité dans les tourments de la rupture. Quand une relation se brise comme un bloc de glace, que faire des blessures anciennes qui ressurgissent ? « Danser », vous répondra le chorégraphe taïwanais. Après Rage et Floating Flowers, son talent brut lui permet de toucher, une fois de plus, à la subtile profondeur des sentiments.
Teatro di Verzura revisite l’opéra pour nous inciter à voir et entendre autrement. Dans ce spectacle, la musique baroque déploie toute sa puissance, portée par les voix de cantoLX et la richesse des instruments anciens. En contrepoint, l’artiste Lise Duclaux – également en scène – invite à travers ses textes et ses dessins contemporains à entrer en dialogue avec l’univers végétal. Elle nous révèle un microcosme qui se dérobe à nos regards hâtifs : un monde où l’humain n’est plus seul au centre du vivant.
Une introduction au spectacle aura lieu le 20/11 à 19h15.
Une discussion avec l’équipe artistique aura lieu à l’issue de la représentation du 21/11.
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